* Rayon de soleil pour jour de pluie *
Dans la continuité de mon article d'hier, l'exposition sur les Cités Végétales se termine sur un exercice visionnaire qui a été demandé à l'architecte : transformer un très vilain quartier de Lyon en cité végétale. Luc Schuiten s'est prêté à l'exercice et on peut donc voir au cours d'un petit film le quartier derrière la Part-Dieu (et sa fameuse tour "crayon") se transformer en cité végétale. En trois images voici ce que ça donne :
Ca fait rêver non ?
Et la bonne nouvelle pour ceux et celles qui ne pourront pas aller voir cette expo, c'est qu'en préparant ces deux articles, je suis tombée non sur le site de l'exposition mais sur le site vegetal city. Et là, il ne vous reste qu'à explorer page par page, et vous y trouverez un bel extrait de ce qu'on trouve dans l'exposition, y compris plusieurs petits reportage. Vous y trouverez même le petit film sur la transformation de Lyon, c'est pas trop bien ça ??
Un article que je voulais faire depuis longtemps, et surtout avant que l'expo ne se termine, le 27 juin prochain. Les Cités Végétales de Luc Schuiten, c'est une expo sur la science du biomimétisme, ou comment s'inspirer de la nature pour innover, notamment en architecture urbaine. "Luc Schuiten donne ici sa perception et sa lecture de la réalité actuelle et de celle à bâtir. Au-delà du rêve ou de l’utopie, il s’agit d’une prise de conscience et d’une proposition d’action. Les liens entre nature et culture n’auront jamais été si bien exprimés. Luc Schuiten nous pousse à la réflexion à travers l’enchantement." (issu du dossier de presse)
Je n'avais plus qu'une journée de libre avant d'entrer à l'hôpital, c'était donc ma dernière sortie avant 5 mois d'enfermement. J'aurais pu choisir la très médiatique Rétrospective Ben au Musée d'Art Contemporain, mais j'avais lu l'article d'Emma sur son blog et j'ai eu envie de découvrir cet univers qui m'était inconnu.
L'expo se déroule à la Sucrière, un ancien entrepôt des années 30 reconverti en galerie d'art
contemporain, sur 2 niveaux de 1800m2. Vous n'en verrez pas de photo prise par moi car il pleuvait des trombes d'eau ce jour-là.
"Visionnaire, ludique et poétique, pédagogique et scientifique, l’exposition sollicite l’imaginaire pour faire rêver, tout en anticipant avec réalisme sur le futur de villes métamorphosées par le végétal. Dessins originaux, maquettes, films d'animation ou de reportage explorent l'avenir écologique et la tranformation radicale des villes et de leur habitat par l'utilisation du vivant comme matériau de construction." (issu du site de l'expo).
"Utopie d’un monde où nature et urbain se fondent pour ne faire plus qu’un. Reflet d’une époque où chacun se préoccupe de l’avenir de la planète, de la capacité de l’homme à protéger son
environnement, à inventer un modèle de développement plus soutenable. " (issu du dossier de presse)
Au-delà de la vision sublime et optimiste d'une planète où l'homme ferait tout pour vivre en harmonie avec la nature plutôt qu'avec lui-même et son argent, cette exposition fait raisonner l'enfance en nous : maison-arbre, ville végétale, maison miniature, un monde merveilleux, et c'est ce que j'ai adoré dans cette exposition.
Il y a quelques activités prévues pour les petits mais peu. Luna s'est donc un peu ennuyée, à son âge elle aime que la culture soit interactive, et attendre ses parents qui regardent des images pendant des heures n'était pas assez interactif pour elle.
L'une des activités nous a pourtant plu à toutes les deux : il s'agissait de construire un village végétal à l'aide du matériel mis à disposition : cloisons, arceaux, palissades, toits, arbres, rondins et petits bonhommes. Les possibilités sont infinies, et même sans la réflexion et la logique que met l'adulte dans toute construction, dans toute création, l'enfant obtient tout de suite un chouette résultat. Voici ce que Luna et moi avons construit :
Les dessins aussi m'ont fascinée : Luc Schuiten, architecte et artiste, est le frère de François Schuiten, dessinateur des bandes dessinées les Cités Obscures.
Superbe expo. Je suis désolée de ne vous la faire découvrir qu'aujourd'hui, alors qu'elle se termine dans 15 jours. Vous avez encore le temps : allez-y ! Demain, je vous en parlerai encore un petit peu.
Luna et Rafi viennent de partir pour le spectacle de danse de Luna. Luna était très excitée, pas triste que je ne puisse pas venir, elle comprend très bien. Mais surtout, regardez comme elle est belle :
Je pourrais pleurer de ne pouvoir aller à son spectacle, je pourrais pester toute la soirée et en vouloir à la terre entière mais non, j'ai juste le coeur gonflé à bloc, tellement elle est belle, et tellement je suis fière d'elle. Je n'ai pas besoin de la voir danser, je sais qu'elle sera merveilleuse. Et même si elle devait ne pas l'être, je crois que je ne m'en rendrais pas compte... elle est déjà une petite étoile pour moi.
(Photos by Rafi and
me)
Ma chambre est plutôt lumineuse donc depuis que je suis alitée, c'est là que je passe le plus de temps. Voici à quoi ressemble mon environnement :
Tout début mai, j'ai cousu une toute petite Elsie pour Prune. Pour la taille, j'ai improvisé à partir de la plus petite taille des mauvaises planches des ITPE. Ca m'a semblé très grand au moment où je l'ai offert à la toute petite Prune, pas encore 4 mois. Je me dis que peut-être en juillet -août ça lui fera une petite robette mignonne. Et sinon à porter cet l'automne en superposition... Trop joli tissu de chez Cotton Color.
Voici la situation : j'ai été cerclée il y a presque 3 semaines. Depuis, je suis chez moi, allongée toute la journée. Enfin, je peux être assise, semi-assise, je dois avoir les jambes allongées devant moi, et ne pas m'asseoir en tailleur (position d'ouverture du bassin et donc toboggan à bébé). J'ai le droit de manger à table et de me laver, éventuellement de me préparer à manger vite fait si je suis seule. Je n'ai pas le droit d'aller chercher Luna à l'école (5mn à pieds), ni de faire le ménage, ni les courses, ni d'aller chez des amis même si c'est un court trajet en voiture et que je peux être allongée chez eux.
En gros, je n'ai le droit de rien. Je ne sors de chez moi qu'une fois par mois, pour aller chez le médecin. Prochaine sortie donc le 18 juin. Tant que le bébé n'est pas viable, il n'y a rien d'autre à faire, on laisse faire la nature dixit le médecin. A partir de juillet, j'aurais des visites de sage-femme pour contrôle et monitoring. Plus le bébé grossit, plus le risque d'accouchement prématuré augmente. On espère que tout ceci me permette évidemment de mener bébé à terme (enfin, à 8 mois, comme Luna), et aussi de repousser le plus longtemps possible l'hospitalisation.
Je m'occupe comme je peux, lecture, surf sur internet, séries, films, blogs, crochet etc. J'en ai marre qu'on me demande comment je vais, si j'ai le moral, et ce que je fais de mes journées. Il me reste 4 mois. Quatre mois. La grossesse pour moi n'est pas un moment d'épanouissement, de nesting et autre chabadabada. La grossesse pour moi c'est un arrêt. Comme mon arrêt de travail, la vie s'arrête. J'attends. La terre continue de tourner, Luna virevolte autour de moi, Rafi court sans s'arrêter entre cuisine, ménage, courses, cartons, aller-retours à l'école, activités avec Luna etc, les autres préparent leurs vacances, et profitent du soleil, les amis passent avec des nouvelles du dehors. Moi je suis arrêtée totalement. Seul le petit coeur qui bat en moi continue sa course. Mais chaque fois que je mets le pied par terre, je culpabilise et m'inquiète. Chaque fois que je sens une tension dans mon ventre qui grossit, j'ai peur de contracter. Chaque fois que bébé bouge j'ai envie de lui dire "arrête, bouge pas trop, sinon je vais contracter" et le col va s'ouvrir..." A partir de juillet, chaque visite à mon médecin sera accompagnée de l'angoisse de ne pas repartir et d'être hospitalisée.
Pourtant j'accepte ma situation parce que je n'ai pas le choix, mais ça reste tout de même difficile à vivre, et souvent un gros sentiment d'injustice m'envahit, quand je vois toutes les femmes enceintes jusqu'aux dents se ballader dans la rue et vivre une vie normale. Sans compter que je m'interroge : et si j'avais envie d'un troisième un jour, aurais-je le courage de repasser par tout cela ?
Je vais bien. Et puis parfois je ne vais pas bien. Je sais la chance que j'ai d'être enceinte, je suis optimiste et je veux penser que tout cela aboutira à la naissance d'un beau et gros bébé fin septembre (3,2kg pour Luna à 8 mois). La césarienne m'est égale. La fin justifie les moyens. Et puis je suis dans une prison dorée, il faut le reconnaitre. Ma maman était alitée aussi quand elle m'attendait, mais elle n'avait que 3 chaines de télé et la radio pour s'occuper.
Je n'écris pas cet article pour me faire plaindre (d'ailleurs pas de commentaire sur cet article), et je sais que celles qui galèrent pour tomber enceinte me lisent avec un gros pincement dans leur coeur à elles. J'écris cet article pour tenter de vous faire comprendre ce que je vis, et ce que je ressens. Je tiendrai le coup parce qu'il le faut. Le moral est fluctuant, un jour bon un jour pas terrible. Mais ça ira.
Au fait, nous ne savons pas encore le sexe, nous voulons le savoir, et si tout va bien nous le saurons le 21 juin prochain.
Edit : je change le titre, il parait que le film "je vais bien ne t'en fais pas" est très triste alors que ce n'est pas ce que je voulais faire passer.
Waou les gens, ça été une semaine riche riche riche, comment vous dire ! Lundi matin très tôt, j'ai vu mon bébé dans la télé, j'ai su qu'il était là, en forme et en mouvement. Mercredi matin, j'ai pris une douche froide, l'annonce du cerclage et tout le biniou. Entre temps, j'ai fais mon coming out et j'ai pris une autre douche : une envolée de félicitations tout d'abord, et une averse d'encouragements ensuite.
Dans la vie, je suis plutôt bien entourée : famille nombreuse et soudée, super belle-famille, copains ici et là sur qui compter. Mais je me rends compte que j'ai aussi une famille virtuelle incroyable ! Ca peut sembler curieux à beaucoup de personnes qui sont extérieures à ce phénomène mais depuis plus de 4 ans que je fais un blog, et deux ans que je fais de la couture, des liens se sont créés qui sont vraiment différents de tous les autres. Entre facebook et ce blog, les échanges sont quotidiens, les uns accompagnent les autres tant dans des moments insignifiants que dans les grands boulversements de la vie.
Des gens qui viennent sur ce blog depuis 3 ans se sont manifestés ces jours-ci pour la première fois, les fidèles continuent à l'être, tout n'est que gentillesse, amitié, bisounourland et compagnie.
Alors moi je dis les gens, juste pour une minute là tout de suite, au moment où vous lisez ces mots, coupez France Inter, fermez toutes les autres fenêtres/onglets de votre écran, oubliez le gros nuage volcanique, et écoutez le silence, écoutez l'amour que les humains sont capables d'avoir les uns pour les autres... ;-)
Et merci.
La bonne nouvelle c'est que dans le cadre de l'opération "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" (vous allez comprendre plus loin), nous signons un bail pour un nouvel appartement la semaine prochaine. Un appartement dans un vilain immeuble très laid mais qui se trouve dans le quartier que nous voulions et surtout au 11è étage, avec deux très grands balcons... et une jolie vue ! Ca promet d'être superbement ensoleillé et lumineux, sans AUCUN vis-a-vis (et je parle en tant que personne qui non seulement vit dans un appartement où il faut allumer la lumière en pleine journée même quand il fait beau, mais qui en plus peut consulter le programme télé sur le grand écran du voisin de l'immeuble d'en face) ...
Nous sommes donc vraiment super contents et nous emménageons tout début juillet.
Ensuite, la moins bonne nouvelle c'est qu'à compter du 10 mai prochain, je serais arrêtée, cerclée, et alitée à la maison jusqu'au terme de ma grossesse (octobre). Donc à tous ceux qui s'attendent à voir fleurir les articles couture-layette et couture-aménagement-déco-chambre-de-bébé-dans-nouvel-appartement, ce sera en vain.
Oui je sais. je l'ai vécu pour Luna, ça avait juste commencé au 5è mois au lieu du 4è. Ca avait aussi fini par 6 semaines d'hospitalisation et une césarienne. Ici l'objectif est de retarder le plus possible l'hospitalisation finale... Quand à la césarienne elle est inévitable. Je croyais avoir fait le deuil d'une grossesse normale et même si je m'y attendais, même si je savais, je me rends compte que j'ai eu beaucoup plus de mal à me faire à la nouvelle que ce que je pensais. Peut-être ma nouvelle passion pour la couture accentue-t-elle la peine que j'ai de ne pouvoir rien faire, rien préparer de mes mains pour ce nouveau bébé.
Et bien sur je n'ai rien préparé pendant ces trois premiers mois d'abord parce que j'ai manqué cruellement d'énergie pendant ce dernier trimestre d'hiver si long, et ensuite parce que je voulais savoir si garçon ou fille.
Voilà. Le déménagement devra être entièrement réalisé par Rafi tout seul (et les âmes généreuses qui voudront bien participer), idem pour l'emménagement. Je ne pourrais toucher à rien avant la naissance... ni un carton, ni quoi que ce soit d'autre. Je ne pourrais pas aller moi-même à Paris récupérer les vêtements et le matériel bébé, je ne pourrais pas repeindre les meubles pour faire une jolie chambre toute neuve, je ne pourrais pas... enfin la liste est bien trop longue de tout ce que je ne pourrais pas faire pour ce bébé pour préparer son arrivée.
En revanche je pourrais finir le voyage en Nouvelle Zélande, faire plein d'albums photos en ligne, peut-être apprendre le tricot, éventuellement me mettre à la couture de felt-food (à la main), lire plein de bouquins, regarder plein de séries, bronzer sur mon balcon, faire des coloriages avec Luna, surfer sur le net, visiter mille et un blogs, vous avez d'autres idées ?
... y'a quelqu'un ? Est-ce bien avril qui débute ? Oui ? Alors je peux sortir.
Je ne sais pas ce que vous avez fait, vous, en mars, mais nous on a continué à hiberner. Certes, le printemps a fait des incursions, mais essentiellement en semaine. Le week-end, il n'a fait que
se carapater face à la pluie qu'a une grande gueule et qu'a fait rien que de l'ouvrir bien grande !
Certes, nous avons passé une semaine au ski, eu du beau temps, vu Luna apprendre à skier, aimer ça, et obtenir sa souris de bronze, cuisiné pour remonter le moral des troupes savoyardes. Mais
aussi, il faisait encore vraiment super froid, et à part sur les pistes, on n'a pas mis le nez dehors.
Je n'ai pas cousu. Rafi n'a pas composé son premier album. Je n'ai même pas eu mille déplacements dans toute la France (sauf un aller-retour à Bordeaux en train, un peu pénible). On a bossé. Et
puis aussi on a regardé les 4 premières saisons de The Wire, et il ne nous reste plus que la 5. Et puis du coup on n'a pas pris de photos non plus. On a bien visité quelques apparts mais rien de
transcendant et c'est franchement pas gagné pour déménager bientôt...
En mars certains de mes proches ont traversé des trucs vraiment pas faciles, et ça m'a souvent attristée, mais aussi inquiétée, et puis comme je pouvais pas faire grand chose j'ai essayé de
soutenir le moral des troupes un peu.
Vendredi on file à Paris pour faire la tournée familiale habituelle, ni plus ni moins. Il n'y aura pas de shopping tissus, pas de shopping du tout d'ailleurs. Et pour autant que je sache il y
aura aussi de la pluie et du temps de merde. Mais en avril, va falloir que ça bouge, parce que j'ai des fourmis dans les pattes, la MAC qui trépigne, le capital solaire à reconstituer, et 5 mois
passés à hiberner ça suffit !
A bientôt alors !
Luna et Raphaël sur la
piste verte, Grand Bornand, mars 2010